Instruction en famille : apprentissages formels et informels.

L’instruction en famille ou l’IEF (homeschooling en anglais)

apprentissage enfant IEF

 Certains parents font le choix d’instruire leur(s) enfant(s) en famille et ils sont aujourd’hui de plus en plus nombreux.

Le plus souvent, les parents ont scolarisé leur enfant dans une école et suite à des difficultés rencontrées par leur enfant la question de l’instruction en famille s’est posée.

Perte de confiance en soi, harcèlement scolaire, enfant haut potentiel, enfant autiste, enfant ayant un ou des troubles « dys » (dysorthographie, dyscalculie, dyslexique etc…), les raisons pour faire l’instruction en famille sont multiples… Il peut aussi s’agir d’un choix dès le départ : certains parents décident de pratiquer l’IEF avec leur enfant dès les premières années.

  Il est important de rappeler que l’école n’est pas obligatoire en France. C’est l’instruction qui est obligatoire de 6 à 16 ans.*

Cependant prendre la décision de pratiquer l’instruction en famille ne se fait pas facilement. En tant que parent, nous souhaitons le meilleur pour nos enfants. Notre société, (comme l’école) n’aime pas ce qui ne rentre pas « dans le moule ». Déscolariser son enfant pour pratiquer l’IEF peut générer beaucoup de stress. Pour cette raison il est important de se renseigner en amont pour être sûr(e) de soi et ne pas se laisser envahir par les peurs des autres.

Il faut que tu le saches… En déscolarisant ton enfant tu seras confronté aux peurs des autres : enseignants, famille, voisins, amis. Chacun aura sa petite peur à te transmettre !

« Mais il va être totalement à l’écart de la société… »

« Mais il ne va pas être socialisé »

« Mais il ne va pas pouvoir passer son bac »

« Mais il ne pourra pas retourner à l’école après »

« Mais il va toujours être collé à toi … »

« Mais… »

STOP !

peurs liees a lIEF

Il va falloir être capable de distinguer tes propres inquiétudes de celles des autres. En te renseignant, en lisant divers documents, divers témoignages, des blogs (comme celui-ci 😉) il te sera plus facile (moins difficile serait sans doute plus adapté) de ne pas te laisser influencer.

Remarque : Cet article participe à l’évènement “L’Instruction en Famille » du blog apprendre-par-le-jeu.com. Tu peux y découvrir cet article qui propose ici un jeu pour apprendre ses tables de multiplication.

L’instruction en famille : est-ce possible pour ma famille ?

L’IEF n’est pas forcément la solution idéale pour toutes les familles. Mais aucun choix n’est irréversible.

Cela peut évoluer dans le temps en fonction des conditions de vie, des besoins des enfants, de leurs demandes. Mon expérience en IEF a suivi ce chemin : des périodes en instruction en famille avec 1 ou 2 enfants et des périodes d’école. Certaines familles fonctionnent par exemple en IEF un an sur deux.

Il faut savoir que la rescolarisation est possible !

Un des critères à prendre en compte est la fatigue générée par ce type de fonctionnement. Le parent qui fait l’instruction en famille doit pouvoir préserver certains moments rien que pour lui. Si les 2 parents se relayent c’est l’idéal ! Pouvoir se dégager quelques heures chaque jour, 1 ou 2 après-midis par semaine pour se ressourcer et faire autre chose peut-être quelque chose d’essentiel. Chaque personne ayant ses propres limites il est compliqué de donner une durée générale mais quoi qu’il arrive un petit temps quotidien me parait nécessaire. Attention ne de pas t’oublier !

Si tu es fatigué(e), cela aura des conséquences sur l’accompagnement de ton (tes) enfant(s).

Je peux ici partager mon expérience :

Lorsque je me suis lancée la première fois en IEF, j’avais mes 2 enfants à la maison. Mon aîné venait de subir un important harcèlement scolaire et il était en cours de diagnostic (autisme de type asperger), j’ai dû être très présente pour lui. De plus, je n’avais pas du tout de temps pour moi et je me suis laissée envahir par les craintes de mon entourage. Ce n’était pas des conditions idéales et j’ai fait le choix d’interrompre cette première expérience. Cependant, même à ce moment je n’ai jamais regretté cette période d’instruction en famille. Ce que j’aurais regretté c’est de ne pas avoir tenté l’expérience.

Régulièrement je repense à une vidéo ( je suis en train de la rechercher pour la partager ici) et au message qu’elle véhicule lorsque j’ai un choix à faire. Il s’agit d’une vidéo qui explique que la majorité des personnes en fin de vie ont pour plus grand regret ce qu’elles n’ont pas osé faire. Les regrets  se portent non sur des choses mal faites mais sur ce qui n’a pas été fait du tout.

Aujourd’hui je me suis organisée autrement. Je n’ai pas les 2 enfants en continu, j’ai des plages horaires pour moi et surtout je n’ai plus les peurs des autres (du moins je travaille sur ce point !)

Il existe plusieurs manières d’accompagner son enfant lorsque l’on pratique l’IEF 

Lorsque l’on ose franchir le pas on se retrouve confronter à différentes manières de faire.

En tant que parent, si l’IEF te tente, tu seras confronté à cette question : comment pratiquer l’IEF ?

Mais, quel que soit le choix que tu feras pour ton ou tes enfants (choix qui évoluera sans doute d’ailleurs avec le temps et la prise de confiance) l’instruction en famille permet cet avantage incroyable de permettre à l’enfant d’apprendre en prenant son temps et en suivant ses centres d’intérêts.

Cela permet aux enfants d’apprendre avec plaisir, avec plus de motivation. Les parents ont le temps d’observer et de connaître leur enfant, ses besoins, ses goûts et ses centres d’intérêt.

En s’appuyant sur ce qui motive l’enfant, les apprentissages se font beaucoup plus naturellement . C’est d’ailleurs encore vrai à l’âge adulte ! Lorsqu’une chose me passionne généralement j’en oublie les efforts et les contraintes, pas toi?!

Remarque : La posture de l’adulte sera déterminante dans les avantages et inconvénients des différentes approches. Il est difficile de faire des généralités car chaque personne a son fonctionnement qui peut, au sein d’une même grande famille “apprentissages formels ” ou “apprentissages informels”, être très différent. J’ai cependant essayé de mettre en évidence les grandes tendances selon l’une ou l’autre des approches. N’hésite pas à commenter l’article si ton avis diffère afin d’enrichir cet article des différents points de vue !

Les apprentissages autonomes ou “unschooling”

Les enfants sont à l’initiative de leurs apprentissages. Ils font la demande de faire ou d’apprendre quelque chose. Pour mieux comprendre, cela s’oppose aux apprentissages contraints, imposés à l’enfant.

Les apprentissages ainsi faits par l’enfant peuvent s’appuyer sur des apprentissages formels ou informels.

Les apprentissages formels :

apprentissages formels

Les apprentissages formels s’apparentent à ceux faits à l’école. Les apprentissages sont (le plus souvent) programmés, structurés. Des livres ou des cours par correspondance (CPC) sont généralement utilisés comme supports pour les apprentissages.

Quelques avantages des apprentissages formels :

  • Les apprentissages sont plus facilement évaluables, il est plus simple de savoir ce que l’enfant a déjà acquis et ce qui lui reste à acquérir.
  • Les apprentissages fondamentaux sont tous proposés aux enfants. Certains parents faisant le choix des apprentissages formels disent qu’il est du devoir du parent que l’enfant acquiert l’ensemble des apprentissages fondamentaux. Cela permettant par exemple à l’enfant de pouvoir avoir toutes les options possibles pour une orientation future.
  • Lors des contrôles cette manière de fonctionner est appréciée des inspecteurs et conseillers pédagogiques ce qui simplifie « l’épreuve » du contrôle, au moins pour les premières années.

Quelques inconvénients des apprentissages formels : 

  • On peut retrouver un cadre très scolaire, qui ne convient pas à tous les enfants.
  • Le système d’évaluation/ comparaison peut rester très présent et peut amener l’enfant à travailler pour les notes et non par plaisir d’apprendre. Cela est vrai essentiellement dans le cadre d’un travail avec cours par correspondance (CPC) avec envois de devoirs (et donc réceptions de devoirs notés). Il est possible de suivre des CPC sans l’option des devoirs. (Mais dans ce cas il n’est généralement pas délivré de certificat de scolarité)
  • Le système d’évaluation, s’il est effectué avec des notes,  peut également entraîner une baisse de confiance en soi de l’enfant qui peut s’identifier à ses mauvaises notes. La solution est de changer sa manière de voir l’évaluation (celle que nous avons pour la plupart vécue en tant que parents). En évaluant le travail au moyen d’auto-évaluation et de discussion la confiance en soi peut-être préservée et même renforcée! 

Les apprentissages informels  :

apprentissages informels

Ce terme terme « d’unschooling » serait attribué à John Holt1, chercheur, auteur et enseignant. Derrière ce terme d’unschooling nous pouvons voir diverses traductions : apprentissages autonomes, apprentissages informels, apprentissages auto-gérés, apprentissages libres….

Remarque : Des différences peuvent exister entre ces termes mais je ne les détaillerai pas dans cet article.

L’idée est que les enfants font des apprentissages chaque jour depuis leur naissance et qu’il n’y aurait pas de raison pour qu’à un âge (celui de l’entrée à l’école) les apprentissages se passent différemment. Les enfants apprennent à lire, à écrire, à compter comme ils ont appris à parler ou à marcher.

En conséquence dans les apprentissages informels, l’adulte n’est pas un enseignant mais il accompagne l’enfant. L’adulte est là si l’enfant le sollicite mais il ne contraint pas l’enfant à faire tel ou tel apprentissage.

Les apprentissages se font au gré des expériences de vie et des besoins qui en découlent. Les enfants apprennent en vivant. Une balade en forêt ? L’enfant souhaite apprendre le nom des arbres, celui des oiseaux, on parle d’écologie, de respect de la nature. L’enfant apprend au fil de ses découvertes. Les apprentissages ne sont pas programmés.

Les écoles démocratiques fonctionnent avec cette manière de voir les apprentissages.

Quelques avantages des apprentissages informels :

  • Les apprentissages respectent la motivation des enfants, ils se font de manière naturelle.
  • Les enfants ne sont pas obligatoirement soumis aux diverses évaluations souvent génératrices de stress, même pour les « bons » élèves.
  • Ce type d’apprentissage préserve l’élan spontané et naturel de l’enfant à apprendre par lui-même.

Quelques inconvénients des apprentissages informels :

  • Nécessité de proposer un environnement très riche aux enfants pour qu’ils puissent rencontrer dans leur environnement ce qui leur est nécessaire pour leurs apprentissages.
  • Certains enfants qui n’ont pas été habitués à tant de liberté peuvent avoir du mal à se tourner vers les apprentissages.
  • Certains enfants risquent de passer à côté de certains apprentissages au moment où ils sont les plus simples à faire pour eux. Les enfants ne peuvent pas être intéressés par ce qu’ils ne connaissent pas. Ainsi, comme dit plus haut, la richesse de l’environnement proposé sera donc déterminante.
  • Généralement très peu apprécié des inspecteurs les contrôles sont (parfois) plus compliqués. Cependant en tenant à jour un journal de bord relatant les activités et sorties faites il est possible de montrer que l’enfant reçoit une instruction.

Il est courant d’entendre qu’il faut patienter autant de mois que d’années de scolarisation pour que l’enfant (re)vienne naturellement vers l’envie d’apprendre. En d’autres mots si ton enfant a été scolarisé 2 ans laisse lui 2 mois d’adaptation, s’il a été scolarisé 6 ans, laisse lui 6 mois d’adaptation.

Oui cela peut faire peur… Personnellement je n’ai pas réussi à attendre ces longs mois et je me suis tournée vers un mélange d’apprentissages formels et informels surtout car j’avais besoin d’être rassurée.

 Une approche qui intègre des apprentissages formels et informels (avec une part plus ou moins importante accordée à l’une ou l’autre des catégories).

apprentissages par le jeu

Cela peut aussi être vu comme une transition : on commence avec des apprentissages formels pour se rassurer. Une fois que l’on sait ce que l’on fait et où l’on va il est alors plus facile de passer à des apprentissages informels. Le cadre est posé et on peut plus ou moins s’en éloigner.

Cela peut être aussi appréhendé comme une philosophie de vie et d’éducation :

Les systèmes de communication , la possibilité de trouver de manière très accessible et presque immédiatement toutes sortes de réponses grâce à internet nous permet d’envisager les apprentissages autrement.

Nous fonctionnons déjà de cette manière : nous cherchons l’information où elle se trouve. Nous pouvons nous interroger s’il est nécessaire de contraindre nos enfants à retenir toutes sortes d’informations (qui seront bientôt dépassées) qui au lieu de les amener vers les apprentissages peuvent les en éloigner…

Les avantages :

  • Lorsque l’on débute l’IEF il est courant de s’inquiéter sur les apprentissages nécessaires pour nos enfants. Choisir de faire des apprentissages formels et informels permet de se rassurer en tant que parents tout en laissant un cadre souple aux enfants. Ils pourront ainsi avoir la possibilité d’apprendre autrement.

Les inconvénients

  • On garde un cadre scolaire qui peut être mal vécu par l’enfant.
  • Il est difficile de faire la part du formel et de l’informel : ce choix sera totalement personnel et évoluera sans doute constamment. Ce qui peut être difficile à gérer pour les adultes qui accompagnent les enfants.

IEF apprentissage

 

J’espère que ces quelques informations pourront t’aider dans ta manière de pratiquer l’instruction en famille.

Bien entendu, selon ton expérience, ta disponibilité, ton stress, l’âge de tes enfants il sera plus aisé de proposer une instruction en famille privilégiant les apprentissages formels ou informels. Ce choix est personnel et ne peut être fait que par l’expérience de chaque famille.

Si tu es à la recherche de documents pour accompagner tes enfants tu peux trouver sur ce blog des articles pour t’aider :

un article pour améliorer son orthographe avec à chaque fois des moyens mnémotechniques pour aider les enfants à retenir plus facilement

 

le 1er Novembre expliqué aux enfants

un article qui t’explique tout sur le 1er Novembre

 

liste livres Montessori

Je prépare aussi des articles pour les parents comme une série d’article concernant la pédagogie Montessori

livres IEF

 

Des livres sur le sujet de l’IEF :

John Holt « les apprentissages autonomes : comment les enfants s’instruisent sans enseignement. »

Claudia Renau « l’apprentissage informel expliqué à mon inspecteur »

Charlotte Dien “Instruire en famille”

 

 

Sources

*https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idSectionTA=LEGISCTA000006166564&cidTexte=LEGITEXT000006071191

1 John Holt « les apprentissages autonomes : comment les enfants s’instruisent sans enseignement. »

http://www.lesenfantsdabord.org

Je ne suis pas allée à l’école…

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idSectionTA=LEGISCTA000006166564&cidTexte=LEGITEXT000006071191

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